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Galerie photos > Il l'a fait...

Tout juste arrivé au Parlement Européen, Pierre crée avec ses collègues et amis Bernard Kouchner, Dany Cohn Bendit et José Maria Mendiluce un intergroupe le Forum Européen pour la Prévention Active des Conflits. Très vite, le FEPAC;
rassemble 120 Députés de groupes politiques et de nationalités différentes ; des personnalités politiques de pays en crise, des responsables d'ONG, des journal sites, des fonctionnaires internationaux viennent témoigner. On parle de la Bosnie, d'Iraël Palestine, du Chiapas, du Rwanda, du Burundi, de la Turquie, du Kosovo Le 14 juin 1995, M. Bukoshi, Premier Ministre du Kosovo, vient débattre : "Est ce parce que nous résistons pacifiquement à l'apartheid de Belgrade. Ou pârce que le mythe serbe a la vie dure en Europe ? Faudra t il que les 90 d'Albanais que compte le pays, privés de leurs droits par le premier coup de force serbe, se révoltent pour que l'on entende ? L'Union européenne doit j aider le Kosovo. Comment ? Déploiement d'une force de prévention, voire mise en place d'un protectorat européen, mise au point d'intervention d'urgence et maintien des sanctions sur la Serbie (...). Ne nous laissez pas prendre les armes". t Le 26 juin 1995, le FEPAC organise à Cannes une manifestation sous la bannière " L'Europe meurt où renaît à Sarajevo". Au moment où se tient le Conseil européen qui clôture la Présidence française, 1000 citoyens français, espagnols et italiens défilent. 11 Députés européens dont Pierre seront reçus par Jacques Chirac. Grand observateur devant fEternel, Pierre ira à plusieurs reprises observer, en tant que Député européen, des élections. Il sera donc en Palestine lors de premières élections du Conseil Législatif Palestinien en janvier 1996. Son intérêt se portera par la suite davantage vers (Asie où il surveillera les premières élections à Hong Kong en mai 1998 puis la campagne électorale à Taiwan en novembre. Membre de la Commission des droits de (Homme, Pierre sera à (initiative en octobre 1996 d'une audition publique sur (impunité. Partant du cas du Salvador, il souligne les dangers de (impunité et de (adoption d'une loi d'amnestie au nom de la réconciliation nationale pour un processus de paix, pour une démocratie. Selon lui, (impunité est le facteur principal de la violation des droits de (homme et un gage de récidive. La bataille se joue contre (impunité en tant que telle, comme pratique, comme attitude institutionnelle; l'impunité prônée comme "modus vivendi"; contre cette impunité, gage de récidive. Pendant deux jours les Députés de cette commission parlementaire plancheront sur cette question.

En juillet 1997, ETA assassine Miguel Angel Blanco, jeune conseiller municipal espagnol. Face à un tel acte, Pierre ne peut rester inactif. Il écrit au Président du Parlement Européen José Maria Gil Robles et lui demande qu'une délégation de Députés se rendent à Ermua d'où est originaire Miguel Angel. Ainsi, pendant trois jours, une délégation composée de 7 députés, dont Pierre, se rend au Pays Basque. Elle rencontre la famille du conseiller assassiné, visite le lieu de séquestration de José Antonio Ortega et condamne l'action d'ETA.

Avant d'arriver au Parlement Européen, Pierre s'était déjà pris d'affection pour un pays aussi grand qu'un timbre poste dont grand nombre de nos contemporains ne cgnnait pas (existence : le Burundi. Partant du principe qu'un média peut appeler à la haine, très vite lui vient (idée de monter à Bujumbura une station de radio qui émettrait des messages de paix et de promotion des droits de l'homme. Dès l'été 1995, il envoie un de ses fidèles (Jean Sélim) sur le terrain pour y réaliser l'étude de faisabilité. Le 19 février 1996, grâce au soutien d'ÉCHO et de Reporters Sans Frontières, Radio Umwizero (Radio Espérance) émet pour la première fois à Bujumbura. Aujourd'hui, cette radio fonctionne 10 heures par jour et est quasi autonome.

Indigné par la violence des Basques, intrigué par (accord de Stormont en Irlande du Nord, perturbé par les Corses, Pierre, biarrot d'origine, organise à Biarritz et San Sebastian, un colloque sur "De la Revendication Identitaire à la Violence Politique". C'est donc en mai 1997, en pleine élections législatives surprenantes, que se tient cette rencontre. Politiques, universitaires, représentants d'associations d'Irlande du Nord, du Pays Basque, de Corse, ils sont tous là pour se rencontrer, se comparer, s'écouter. Depuis, Miguel Angel Blanco a été assassiné, le Préfet Erignac aussi et John Hume a reçu le Prit Nobel de la Paix.

Ses publications

En dehors des quelques dizaines de billets d'humeur que Pierre a rédigé sur son Psion dans les halls d'aéroports ou à bord du thalys, il réalise, au cours de ces cinq ans, trois publications de très haute qualité Etats d'Alerte qui reprend la première année de travail du Forum Européen pour la Prévention Active des Conflits (FEPAC) ; il sera très largement diffusé et traduit en allemand et en anglais. Immigration: pour enfinir avec les idées fausses. Dans le cadre de l'année européenne contre le racisme, Pierre rédige un document à l'intention des 14 15 ans où il combat tous les clichés elatifs aux immigrés (voleurs, dealers, violeurs). Cette plaquette pédagogique sera diffusée à trente mille exemplaires dans les écoles françaises. Actes du colloque Biarritz/San Sebastian en mai 1997 : de la revendication identitaire à la violence politique. Ces Actes rassemblant les textes de différents intervenants.

Ses ballades

Pour Pierre tout sujet se traite d'abord avec les pieds. Pour ne jamais paraître il faut aller voir, écouter, comprendre, connaître, se connaître. C'est pourquoi utilisant au mieux l'ensemble des lignes budgétaires à la disposition de chaque
Député européen, il va parcourir toute l'Europe et même un pays d'Afrique pour i mener à bien entreprise et réflexion. Il va à Amsterdam rencontrer les autorités locales pour parler de la politique de la drogue menée par cette ville, il accompagne toute une nuit les flics anti drogue de Rotterdam. Il visite l'observatoire européen des drogues et toxicomanies de Lisbonne ; il participe à des colloques sur la toxicomanie à Vienne et à Liège où il s'empoigne avec le vieux Léon. Pour bien comprendre les conditions de détention des prisonniers en Europe, il visite des prisons en France, en Espagne et à Naples. Si il avait pu y passer une nuit... A plusieurs reprises pour monter Radio Umwizro, il se rend à Bujumbura et vit en live, à la grande inquiétude de ses proches, le coup d'Etat de Pierre Buyoya en juillet 1996.

 

Témoignage de Pierre Pradier - Sud Ouest


«Palestiniens et citoyens...»
Président d’honneur de Médecins
du monde, député européen et conseiller
municipal de Biarritz, Pierre Pradier revient
d’une mission au Proche-Orient

Recueilli par JEAN-FRANCOIS BEGE


SUD-OUEST». - Vous venez d’assister, à titre d’observateur européen, aux premières élections libres en Palestine. La démocratie vous semble-t-elle en bonne voie dans cette partie du monde ?

PIERRE PRADIER. – Oui. En participant à plus de 80% au vote, les Palestiniens ont prouvé qu’ils avaient un énorme appétit de démocratie.Ce n’est pas un relent de nationalisme trop longtemps bâillonné qui a poussé les électeurs vers les bureaux de vote, mais de véritables exigences de citoyens. Une plus grande transparence financière et administrative, une presse libre, un contre-pouvoir au parti de Yasser Arafat et à ses tentations autoritaires : voilà ce que les électeurs ont revendiqué en votant à près de 30% pour l’opposition, en particulier pour les représentants de la société civile et des associations qui apparaissent comme les grands champions de l’élection. Cette liberté d’esprit et cette maturité politique, saluées par la presse israélienne, m’ont beaucoup impressionné.

« S-o ».- - Peut-on, dire pour autant que tout le monde approuvait le processus électoral?

P.P.- Non. J’ai rencontré des membres du FPLP de Georges Habache . A leurs yeux, cette élection était une « pantalonnade ». Mais dès que leur demandais quel serait pour eux le bon système politique, ils répondaient : celui d’Israël. Cet hommage involontaire prouve que la démocratie de l’Etat Hébreu, malgré les drames de l’histoire, prend peu à peu valeur de modèle dans la région.

«S-O ».- j.. Comment le vote s’est-il déroulé dans la zone ultra-sensible de Jérusalem ?

P.P.- La pression Israélienne était très pesante. A Bet-Hanina, dans la banlieue de Jérusalem où je me trouvais, j’ai dénombré plus de 150 soldats et policiers Israéliens pour 130 votants. Chaque électeur devait passer au milieu d’une haie d’hommes en armes, monter plusieurs fois ses papiers, ignorer les soldats postés sur les toits pour arriver au bureau de poste qui tenait lieu de bureau de vote. Résultat, ici, la participation est tombée à 32,3%. Pour enregistrer les votes , il n’y avait ni président de bureau ni assesseurs mais deux postiers palestiniens débordés par les mille et une problèmes qui se posent au cours d’un scrutin. L’absence d’isoloir et d’urne, voulue par les Israéliens, affaiblissait l’aspect « sacré » de l ‘élection mais cela n’a pas nui au secret du vote. Même les analphabètes savaient exactement pour qui ils voulaient voter. Le Conseil de l’autonomie nouvellement élu et l’ Autorité Palestinienne disposent donc d’un véritable capital de légitimité . A eux de ne pas le gaspiller.


 

 

Lire l'Editorial

Lire:

: l'éditorial de Pierre dans la revueImmigration

et (sorte d'illustration de cet éditorial): lu dans Le Monde 8 Janvier 2004

Toulon Salue ses libérateurs ;Des idées pour un musée de l'immigration.

.et..:la déclaration de J.M. Le Pen (1958)que Pierre avait relevé !!