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Accueil | Presses et Textes | Galerie photos | Famille | Liens | Contact | Livre d'or | 21-Jui-2004 |
M. Gentillini Editorial Les guerres continuent de dévaster tous les continents, cataclysmes annoncés certes, mais qui échappent encore trop souvent aux analyses auxquelles la division du monde en deux blocs nous avait habitués pendant plus d’un demi-siècle. Les humanitaires affluent, les cadavres s’amoncellent, les réfugiés forment d’immenses et lugubres cortèges, errances tragiques, émaillées de massacres et d’épidémies, aboutissant à de gigantesques camps d’internement où croupit une humanité à qui on a tout pris, notamment sa dignité. Depuis quelques années déjà, en Europe, les citoyens pressentaient, savaient que les combats, les bombardements, les famines, les violences collectives sont des événements de nature politique dont la genèse, le développement, la conclusion et les séquelles ne relèvent pas seulement des prompts secours, des bonnes volontés charitables ou des dévouements humanitaires. Certains experts comme ceux de Saterworld, une ONC britannique, ont même pris le soin de comparer l’énergie qu’il faut consacrer à éteindre un brasier à celle qui suffirait à éviter un départ de feu. Voilà précisément ce qui nous hante. Prévenir l’apparition de la violence, contenir un conflit, favoriser sa résolution, c’est, nous le croyons, un devoir qui pèse sur tous les citoyens et leurs représentants. Un devoir qui exige tout à la fois qualité de l’information, rigueur de l’analyse et volonté d’action. C’est dans cet état d’esprit que cent-vingt députés européens se sont rassemblés pour constituer le groupe de travail le plus important du Parlement. Des élus de toutes les nations de l’Union, de tous les groupes politiques ou presque, s’y rassemblent. Ensemble, nous avons créé le Forum Européen de Prévention Active des Conflits. Les opinions que les uns et les autres expriment dans cet espace de liberté - où le temps de parole ne se mesure pas à l’importance du groupe politique,les initiatives qui se décident dans le Forum ne sont pas liées à une appartenance nationale ni à une observance de discipline de groupe. C’est notre unique volonté de tout faire pour que les humains cessent de s’entretuer et notre détermination à modeler ensemble le visage de l’avenir qui nous réunit. Très vite après la constitution de ce noyau central, des actions convergentes, des initiatives complémentaires ont vu le jour, des coopérations se sont organisées. Des personnalités politiques venues des pays en crise, des responsables donc en prise avec la réalité du terrain, des journalistes, des fonctionnaires internationaux, d’autres encore sont venus apporter au Forum une participation ardente à l’effort entrepris. Pendant un an, nous avons pratiqué des analyses, débattu avec des témoins, pesé nos moyens d’action et de pression. Chaque fois que nous pouvions le faire, nous avons agi en proposant ou en soutenant une résolution, nous avons alerté les médias pour sensibiliser l’opinion, nous avons multiplié les missions de terrain, nous travaillé à des projets concrets. D’autres se sont engagés depuis dans la même direction. Le Parlement européen lui-même, à l’initiative de Michel Rocard, a décidé la création d’un centre d’analyse pour la prévention des conflits. La Commission européenne, et plus particulièrement ECHO (European Community Humanitarian Office), soutient ce travail collectif d’ingérence humanitaire préventive. Rencontre préméditée d’une obligation morale, d’une ambition de fraternité et d’une volonté politique. Voilà ce que veut être le Forum Européen de Prévention Active des Conflits. Il sera ce que nous en ferons. Pierre Pradier, membre du groupe Alliance Radicale Europeénne, Le Comité de Pilotage Magda Aelvoet, Ian Bertens, Daniel Cohn-Bendit,
Gianfranco Oeil’ Alha, Bernard Kouchner, José-Maria Mendiluce,
Pierre Pradier, Bernard Stasi, Sir Jack Stewart Clark, Léonie
van Bladel.
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