Accueil Presses et Textes Famille Liens Contact Livre d'or 18-Mai-2004 
 

 

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Editorial de J-C Delaporte.(...ils ...commencaient..déjà....le combat!)

 

Photos et textes ..."extrait" du" Numéro Spécial Elections" de" L'étudiant Médecin"

pour l'AG du Mercredi 13 Fevrier au "Grand Amphi de la nouvelle Fac"

 

 
Président de l'Agemp,il l'a "eu par brigue, étant vieux courtisan". Vieil intrigant, aux traits burinés par l'ascèse,il tient à la fois de Raspoutine et de Machiavel. Ilarrive que son sourire se fige en rictus qui en dit long sur se intentions: chacun le hait ...mais il est solidement attaché à son poste (les conspirateurs éventuels sont reçus tous les jours à L'Agemp, 14 rue du FG St-Jaques........

Brillant interne de l'Hôpital de Longjumeau: sème la zizanie partout où il passe,ne fait rien en donnant l'impression de s'interesser à tout. Nous vous demandons quand même de le valider, faute de quoi, il menace de pisser partout!

Etre primitif et presque dangereux:il possède cependant quelques minutes de lucidité par jour que l'on essaie vainement de faire concorder avec les moments qy'il passe au journal" l'étudiant Médecin",dont il est rédacteur en chef. Il existe chez lui un rudiment d'esprit qu'il a mis au service de la cause étudiente. Bravo, Jean-Claude!

 
 
Ou "l'incorruptible". D'un naturel chagrin, il dénigre tout, mange sans beaucoup d'appétit, s'intéresse aux problèmes de colonies ( de vacances, en particulier). Tant petit, tant hardi! Part en guerre avec falicité contre toutes sortes de moulins à vent. Fervent animateur de la section locale des Enfants de Marie. D'un tempérament revendicateur, on l'a mis à la commission Syndicale. Est décidé à maintenir l'apolitisme malgré une hérédité chargée. Syndicaliste de Salon, il fait courir le Tout-Paris! Ancien croisé eucharistique...ne s'en est jamais remis! Facilement débordé par les événements, il est l'homme qui travaille le plus à l'A.G.: secretaire gnéral de l'association, rien n'est censé lui échapper....hélas!      

 

 

extrait de "Le vent soufflait devant ma porte" de Jean Chaintron :La rencontre avec J-C Delaporte et Pierre Pradier

ExtrRetoEur

Je trouvai un emploi grâce à une chaîne d’amitié au début de laquelle il y avait André Delor, un communiste qui bien que restant orthodoxe,

rompait lui aussi avec la règle de la rupture avec les exclus. Ingénieur d’imprimerie, sortant de l’école Estienne, il avait longtemps exercé sa

profession d’une façon hardie, participant au rétablissement d’entreprises en difficulté. Il était devenu expert et le Parti l’avait engage à tarif

modeste pour la direction de ses techniques d’édition. Là, il s’était fixé. Il avait un ami, que j’ai connu, JB. Eggens, un admirable autodidacte,

Social-chrétien, économiste et sociologue, amateur d’édition, il était responsable militant de la revue Problème patronnée par l’Association

générale des étudiants en médecine de Paris (AGEMP). Il était aussi l’ami d’une équipe d’étudiants socialistes-chrétiens qui avec quelques

communisants, sous la conduite d’un homme de coeur et d’intelligence.Jean-Claude Delaporte, avait conquis aux élections de 1957 la direction

de cette association. Celle-ci disposait d’un centre de polycopie installé 8, rue Dante, qui éditait des cours et thèses de médecine que les

adhérents achetaient à un prix coopératif.


Le président, Jean-Claude Delaporte et son successeur Pierre Pradier, me proposèrent d’en être directeur technique pour un

traitement de 800 francs par mois ; ce traitement bien que modique, dépassait d’un quart celui que j’avais eu comme permanent parlementaire ;

J’avais grande volonté de donner satisfaction à ces jeunes qui avaient le courage d’engager dans leur entreprise qui se voulait apolitique un

personnage aussi marqué. J’etais pourtant bien inquiet, ne sachant pas comment diriger cette affaire assez désordonnée qu’ils me faisaient

visiter. « Rue Dante, c’est le chemin de l’enfer », disait l’un d’eux pour plaisanter.


Je trouvai là, en même temps qu’un gagne-pain, une activité qui me permettait encore de contribuer indirectement au progrès social.

Je m’y consacrai avec ardeur. L’union nationale des étudiants de France -- UNEF-- sorte de fédération syndicale interdisciplinaire dont

faisait partie l’AGEMP, s’était elle aussi radicalisée et animait un large mouvement pour la réforme démocratique de l’enseignement,

prenant, aussi position contre la guerre en Algérie. Ces organisations se considéraient comme
des syndicats et le service d’édition comme une coopérative de
production. Entre ces militants, président, secrétaire, membres du comité, mes jeunes patrons et moi-même,

directeur très volontairement subordonné, s’établirent aussitôt des rapports d’estime réciproque.
Tous ces étudiants sont devenus médecins, - professeurs, chercheurs,
parfois même patrons dans le sens hospitalier du terme. Nous nous
appelions plaisamment « frères » sans dire si, nous ironisions
en invoquant ainsi les phalanstères, les monastères ou la franc-maçonnerie. .


L’entreprise de polycopie gérée collégialement, se développa; en
cinq ans sa production annuelle s’éleva de 7 à 40 millions de pages.
: Elle passa du tirage en ronéo au tirage en offset.. J’apprenais mon
métier d’imprimeur en l’exerçant, avec les conseils techniques de mon ami Delor,
et en m’entourant de professionnels qualifiés qui collaboraient quelques heures par jour avec les
étudiants, en vacation, pour se faire quelque argent.. Plus tard ,la technique d’impression offset requérant plus de technique que la

polycopie et ce personnel étudiant ne pouvant pas être envoyé en école d’apprentissage, je fis l’inverse : j’embauchai des professionnels

de haute qualification, instructeurs en même temps qu’exécutants. Dans une ambiance fraternelle, les uns apportaient leur technique et tour

de main, et les autres leurs rudiments scientifiques. Le petit groupe de gestion directionnel, comprenant 5 étudiants et moi-même insufflait un

esprit d’entreprise coopératif et « autogestionnaire » comme on dira plus tard. Les petites marges de vente bénéficiaires alimentaient une

caisse de solidarité pour les étudiants en détresse et aussi pour défendre par la propagande la cause des étudiants. Je me mettais à ma nouvelle

activité professionnelle avec autant d’acharnement et de passion qu’à ma vie militante précédente ce qui était bénéfique pour l’entreprise et

favorable à ma réadaptation.


Quand on a été longtemps embrigadé dans un parti « pas comme les autres », la réadaptation n’est pas facile. On peut être stalinien longtemps

après avoir répudié le stalinisme. Un communiste exilé est quelque temps aussi désemparé que la fourmi quand elle est isolée. de l’intelligence

collective de sa fourmilière. Ces jeunes étudiants aidèrent le quinquagénaire à réapprendre à vivre comme tout le monde. Avec eux pas question

d’absolu, ou de fanatisme. Chacun pouvait dite son opinion mais l’intolérance soulevait l’hilarité. Dans mes conversations je cessais bientôt de

détenir une prétendue vérité scientifique, admettant que mes interlocuteurs aient autant que moi quelque chance d’avoir raison.