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Accueil | Presses et Textes | Galerie photos | Famille | Liens | Contact | Livre d'or | 01-Déc-2003 |
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II est épatant, c'est dans sa nature. Un brin exagéré peut être. Mais cette pointe de gasconnade lui permet de corser les petits rien du quotidien. Car cet homme là passe sa vie à s'extasier
ou à fulminer. Normal, il range ses contemporains entre deux familles
principales : les superbes et les connards. Pour faire connaître
aux uns et aux autres son sentiment, le voilà donc qui s'abime
chaque jour les yeux devant son écran d'ordinateur et rédige,
droit comme un cri, pamphlets et tribunes. Et comme il est à la
tête d'un riche vocabulaire, tout y passe : les pégreleux,
la basquerie, l'indignité, les garçons coiffeurs, la Sainte
Eglise Romaine, les larmes de sang, les bantous et autres pantalonades.
Dans ce bouillonnement intérieur pourtant, une idée fixe
le guide : défendre l'homme au sens de "l'Ecce homo",
de l'homme universel, de l'homme libre, bref de l'honnête homme.
Car cet homme là aime le genre humain. Pas politique pour un sou,
pas mondain pour un kopeck, il ne boude ni ses coups de coeur ni ses enthousiasmes
quitte à se tricoter une vie en forme d'inventaire à la
Prévert. Une fois ses petits billets écrits donc, une fois
ses indignations couchées sur le papier, ses enthousiasmes gravés
dans le marbre, il ne reste plus qu'à les faire parvenir aux journaux
du soir et du matin. Là commence pour l'homme du siècle
une nouvelle bataille. Car les voies du courrier électronique sont
insondables. Lorsque le message passe, court, vole sur la toile d'araignée,
le voilà qui tombe contre terre en actions de grâces prolongées,
louant le ciel de son infinie bonté. Lorsque cela ne passe pas,
il menace de se couvrir la tête de cendres, de prendre le deuil
et de jeter le maudit appareil par la fenêtre. A notre connaissance,
cela n'est encore jamais arrivé. Un jour, peut être, a t
il été interrompu dans son geste funeste par une de ces
sonneries de téléphone qui ne le laisse jamais en paix.
Lorsqu'il raccroche, il lui arrive immanquablement de
pousser de longues plaintes : Sophie |
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