Accueil Presses et Textes Famille Liens Contact Livre d'or 01-Déc-2003 
 

 

>Retour-Galerie photos > Hopital de Bayonne

 

 

Article Sud-Ouest_ Fevrier 1987

  A grosse moto et en col roulé...

Le docteur Pierre Pradier, pionnier du SAMU au centre hospitalier de Bayonne, prend un nouveau virage...
Lorsqu’il débarqua en 1965 à l’hôpital Saint-Léon, avec son col roulé et sa grosse moto, le docteur Pierre Pradier n’avait pas précisément le look des médecins de l’époque, encore très vieille France avec leur cravate et leur costume croisé. Son arrivée ne passa donc pas…inaperçue, dans la mesure aussi où ce médecin réanimateur anesthésiste s’avéra d’emblée un remarquable organisateur...
Plus de vingt ans ont passé. « Quand le docteur Pradier est venu m’annoncer qu’il s’en allait, j’ai failli tomber à la renverse !... » a avoué vendredi M. Seval, directeur du centre hospitalier de la Côte Basque.
Car, dans la salle de réunion de la commission médicale consultative, sous le buste de J-T. Lormand, on fêtait le départ de ce Biarrot bon teint pour la Capitale. « Vous le président de Médecins du monde, je vous voyais partir pour l’Afrique ou la vieille Amérique... Or vous avez choisi la jungle parisienne! je reconnais là votre grand courage,.. » a encore souligné le directeur de l’hôpital.
Car le docteur Pradier a opté pour l’énorme — il n’y a pas d’autre mot service des urgences de la Pitié-Salpétrière où à 53 ans, il va pouvoir donner toute la mesure de ses compétences et de sa « grandeur de cœur » selon le mot de M. Seval.

LA GÉNÉROSITÉ
ET LE PANACHE

C’est au docteur Jacques Darpeix vice-président de la commission médicale consultative, qu’est d’abord revenu l’honneur de rendre hommage à son aîné. « Il y a dix-sept ans, quand je suis arrivé ici, j’ai découvert avec le docteur Pradier un autre monde, une autre planète, qui n’avait rien à voir avec Bordeaux d’où je venais.. » La bonne humeur, le sourire, le coeur, la patience, la générosité, le panache et le sens de la communication, c’était le docteur Pradier, dans un bouillonnement d’idées,.
« N’avait-il pas imaginé un roman-photos sur la vie du service de réanimation où à la fin tous les malades se réveillaient dans la joie?... »

Car Pierre Pradier n’est rien d’autre que le pionnier du SAMU à Bayonne, Lorsqu’il est arrivé en 1965, ce service en était à ses premiers balbutiements. Les accidents de la route, notamment, exigèrent rapidement une structure solide et efficace. Le docteur Pradier s’y employa. Ce service est aujourd’hui cité en exemple dans tous les centres hospitaliers de France et de Navarre.
« Mais, a poursuivi le docteur Darpeix, tu n’as pas voulu attendre la retraite dans des eaux tranquilles. Tu entreprends une nouvelle carrière dans les hautes sphères Parisiennes et toujours avec l’énergie, la générosité et l’humanité qui sont tiennes... Nous savons ce que nous perdons ici ! Mais bonne chance quand même, docteur Pradier.. »

L’ORGANISATEUR

Après que M. Seval ait rappelé comment la création du SAMU fut « un terrain propice à l’épanouissement des qualités d’un organisateur qui a toujours su prendre les problèmes à bras le corps.... » le docteur Pierre Pradier a remercié ses pairs de tant de reconnaissance et de sollicitude. Mais il a surtout voulu rendre hommage à ses anciens, à ceux qui l’ont accueilli à Saint-Léon et qui l’ont guidé dans la carrière. Tout d’abord le regretté Xavier
Maurin, « un grand frère qui m’a conduit par la main... ».. Le docteur Henri Lesca, aussi, « auquel j’aurai tant aimé ressembler. »
Le docteur Pradier a également souligné la qualité des rapports à Saint-Léon, dans un climat d’estime, de confiance et d’amitié, tous attelés à la nième tâche qu’il qui s’agisse du corps médical ou de l’administration. « C’est à moi à moi de vous dire merci, à dire merci à l’hôpital de Bayonne.. », a conclu le docteur Pradier.
Des cadeaux bien sûr pour celui qui s’en va, mais aussi la profonde estime de tout un établissement pour ce médecin « du monde » qui était arrivé il y a vingt ans avec sa grosse moto et son col roulé….