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A grosse moto
et en col roulé... Le docteur Pierre Pradier, pionnier du SAMU au centre hospitalier de
Bayonne, prend un nouveau virage...
Lorsqu’il débarqua en 1965 à l’hôpital Saint-Léon,
avec son col roulé et sa grosse moto, le docteur Pierre Pradier
n’avait pas précisément le look des médecins de
l’époque, encore très vieille France avec leur cravate
et leur costume croisé. Son arrivée ne passa donc pas…inaperçue,
dans la mesure aussi où ce médecin réanimateur anesthésiste
s’avéra d’emblée un remarquable organisateur...
Plus de vingt ans ont passé. « Quand le docteur Pradier
est venu m’annoncer qu’il s’en allait, j’ai failli tomber à la
renverse !... » a avoué vendredi M. Seval, directeur du
centre hospitalier de la Côte Basque.
Car, dans la salle de réunion de la commission médicale
consultative, sous le buste de J-T. Lormand, on fêtait le départ
de ce Biarrot bon teint pour la Capitale. « Vous le président
de Médecins du monde, je vous voyais partir pour l’Afrique ou
la vieille Amérique... Or vous avez choisi la jungle parisienne!
je reconnais là votre grand courage,.. » a encore souligné le
directeur de l’hôpital.
Car le docteur Pradier a opté pour l’énorme — il n’y a
pas d’autre mot service des urgences de la Pitié-Salpétrière
où à 53 ans, il va pouvoir donner toute la mesure de ses
compétences et de sa « grandeur de cœur » selon le
mot de M. Seval.
LA GÉNÉROSITÉ
ET LE PANACHE
C’est au docteur Jacques Darpeix vice-président de la commission
médicale consultative, qu’est d’abord revenu l’honneur de rendre
hommage à son aîné. « Il y a dix-sept ans,
quand je suis arrivé ici, j’ai découvert avec le docteur
Pradier un autre monde, une autre planète, qui n’avait rien à voir
avec Bordeaux d’où je venais.. » La bonne humeur, le sourire,
le coeur, la patience, la générosité, le panache
et le sens de la communication, c’était le docteur Pradier, dans
un bouillonnement d’idées,.
«
N’avait-il pas imaginé un roman-photos sur la vie du service de
réanimation où à la fin tous les malades se réveillaient
dans la joie?... »
Car Pierre Pradier n’est rien d’autre que le pionnier
du SAMU à Bayonne,
Lorsqu’il est arrivé en 1965, ce service en était à ses
premiers balbutiements. Les accidents de la route, notamment, exigèrent
rapidement une structure solide et efficace. Le docteur Pradier s’y employa.
Ce service est aujourd’hui cité en exemple dans tous les centres
hospitaliers de France et de Navarre.
«
Mais, a poursuivi le docteur Darpeix, tu n’as pas voulu attendre la retraite
dans des eaux tranquilles. Tu entreprends une nouvelle carrière
dans les hautes sphères Parisiennes et toujours avec l’énergie,
la générosité et l’humanité qui sont tiennes...
Nous savons ce que nous perdons ici ! Mais bonne chance quand même,
docteur Pradier.. »
L’ORGANISATEUR
Après que M. Seval ait rappelé comment la création
du SAMU fut « un terrain propice à l’épanouissement
des qualités d’un organisateur qui a toujours su prendre les problèmes à bras
le corps.... » le docteur Pierre Pradier a remercié ses
pairs de tant de reconnaissance et de sollicitude. Mais il a surtout
voulu rendre hommage à ses anciens, à ceux qui l’ont accueilli à Saint-Léon
et qui l’ont guidé dans la carrière. Tout d’abord le regretté Xavier
Maurin, « un grand frère qui m’a conduit par la main... »..
Le docteur Henri Lesca, aussi, « auquel j’aurai tant aimé ressembler. »
Le docteur Pradier a également souligné la qualité des
rapports à Saint-Léon, dans un climat d’estime, de confiance
et d’amitié, tous attelés à la nième tâche
qu’il qui s’agisse du corps médical ou de l’administration. « C’est à moi à moi
de vous dire merci, à dire merci à l’hôpital de Bayonne.. »,
a conclu le docteur Pradier.
Des cadeaux bien sûr pour celui qui s’en va, mais aussi la profonde estime
de tout un établissement pour ce médecin « du monde » qui était
arrivé il y a vingt ans avec sa grosse moto et son col roulé….

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