Accueil Presses et Textes Galerie photos Famille Liens Livre d'or 02-Jan-2004 
 

 

Sa ERetourEdernière lettÉDTORIAL

Editorial

 

Quand on est étranger en France. Il faut avoir un permis de séjour pour avoir un permis de travail. Et pour obtenir un permis de travail, il faut avoir un permis de séjour. Simple, non ? Il s’ensuit, pour quiconque veut vivre chez nous, de longs errements de guichet en guichet qui peuvent durer au mieux quelques mois, au pire quelques années, et placer celui qui était jusqu’alors en situation régulière dons la position du “sans-papiers”, du “clandestin”, du contrevenant, du délinquant. La situation se complique encore quand on a fait des enfants, épousé un ou une Française. Bref. la France n’est pas très accueillante pour les étrangers.

Cette attitude récente, qui ne pourra se maintenir longtemps (qu’on le veuille ou non, la natalité française étant ce qu’elle est, il faudra rétablir, dans moins de vingt ans, une politique d’immigration plus ouverte) s’appuie sur une « Propagandastaffel »* menée de main de maître par quelques fascistes patentés tendant à faire croire aux braves gens que les étrangers sont la source de tous les maux que connaît le pays.

Le passé, les usages, les moeurs qui ont fait de la France le grand carrefour du monde, tout cela est malmené par ceux-là même qui tentent de se faire passer pour les champions de la tradition. Le pays qu’ils essaient de nous imposer est petit, rabougri, frileux, recroquevillé. Ils propagent sur l’immigration des idées toutes faites, des clichés haineux, des lieux communs obscènes, un prêt-à-porter de la certitude qui empêchent de voir clair et de débattre. Ils cherchent à nous faire croire que les immigrés sont des êtres malfaisants, jeunes --ah ça, jeune, c’est pire que tout- qui chapardent dans les magasins, brûlent les automobiles, dealent
de la cocaïne, violent les filles, brisent les vitrines dans les manif, n’aident pas les aveugles à traverser la rue.
Bref, les immigrés…. dehors!

Pas de chance, les choses ne sont pas aussi simples. Les immigrés vivent travaillent, Ils aiment, ils rient et ils pleurent comme tout le monde, ils sont des nôtres et pas les plus mauvais.

Ceux qui ont fait la renommée de la France, les Eugène Ionesco, Julien Green, Modigliani, Cioran, Marie Curie, Georges Charpak et beaucoup d’autres, ceux qui nous ont fait l’honneur de choisir notre pays ont été accompagnés d’une foule immense d’anonymes, d’inconnus qui ont été assimiles, intégrés et nous ont rendu, à tous, d’immenses services à commencer par ceux qui figurent sur la longue liste des « Morts par la France ». Le devoir aujourd’hui, est de résister à la peur, insidieusement instillée par des salauds dans l’oreille des imbéciles.

Que certains immigrés se comportent mal, c’est une évidence.
C’est d’ailleurs un fait plus fréquemment rencontré chez ceux qui appartiennent à la seconde génération que chez les nouveaux arrivants. Rien ne sert de se cacher la réalité. Détestable est la position de ceux qui se veulent “politiquement corrects”, nient les problèmes qui se font jour et prétendent que tout va bien. Essayons de rester lucide. Pas besoin de doctrine, de recettes de cuisine, de vision nationale ou mondiale. Notre devoir, c’est de garder l’esprit libre, les yeux ouverts, l’âme sereine et le coeur fraternel Tout le reste sera donné par surcroît.

Pierre Pradier
Député européen

• La « propagandastaffel », c’était le ministère nazi de l’information-communication dirigé par le Dr .Goebbels.


re à M. Gentillini